Août 2013. L’Islande, notre premier voyage en cyclotourisme. Pourquoi l’Islande ? Parce qu’un copain y est allé il y a quelques années, nous a dit que c’était bien. Comme c’était à un apéro, on a tout de suite accroché et on s’est dit que c’était une bonne idée… Bon, s’engager à partir en vélo dans un pays inconnu plein de pistes lors d’un apéro n’était peut-être pas la meilleure idée du siècle. Mais partir en Islande, si c’était à refaire, on le referait sans hésiter.
Le but du voyage est de traverser l’Islande du nord au sud en empruntant la fameuse piste F35 soit environ 400km, le tout en vélo et tente. On prévoit 15 jours du départ de France au retour en France.
Des paysages magnifiques, des étendues désertiques et une météo… des plus variables dirons-nous.
Bordeaux -> Reykjavik -> Akureyri
Le départ est donné de Bordeaux en TGV à 9h30 direction Charles-de-Gaulle. Charles-de-Gaulle, carrefour de l’Europe, point de passage de touristes du monde entier. Couplé à la SNCF, nous obtenons un exemple irréprochable de ce que l’on pourrait qualifier de « merdier à la Française ». L’interface entre la gare TGV et le terminal n’étant assuré que par un unique ascenseur 4 places, il nous faut 1h30 de queue juste pour sortir de ce foutu quai de gare Ensuite, l’aéroport en lui-même, magistral exemple d’architecture pop-art digne du centre Pompidou. Andy Warhol n’aurait pas fait mieux. Enchevêtrement de couloirs, terminaux, portes, le tout numérotés dans un ordre approximatif. Là où tous les aéroport du monde utilise le terme « Shuttle » pour désigner les navettes, notre glorieux Général lui utilise le terme « CDGVAL », exception culturelle allons nous dire. Après 8h d’attente (c’était prévu), un enregistrement des vélos à Air Comores (c’était improbable…), on décolle puis on atterit à Keflavik après 20h sans dormir. Ca y est, on est en Islande.
Après une courte nuit au camping, on laisse les valises à la consigne du camping et on se dirige vers l’aéroport de Reykjavik, beaucoup plus petit. Harold – imaginez Oaken le vendeur dans la Reine des neiges. Harold c’est lui – charge les vélos dans la soute. Littéralement. Harold prend les vélos, ouvre la soute de l’avion, pose les vélos et referme la soute. On aurait chargé un sac à dos dans un autocar que ça aurait fait le même bruit. Enfin bon, je vous passe les contrôles de sécurité qui se résume à… rien en fait. Le terminal est grand ouvert sur la piste. Vous n’imaginez pas à quel point c’est reposant de simplement faire confiance aux gens sans avoir à montrer patte blanche tout les dix mètres. Décollage, atterrissage à Akureyri. Là, on passe heure à remonter les vélos, seuls, dans un aéroport absolument désert. On achète à manger au Bonus, du gaz à une station service et on décolle, à vélo cette fois, vers 17h30. C’est parti pour 400km, avec quand même une petite boule au ventre due à l’appréhension.
Akureyri -> Varmalhid
On a fait notre premier camping sauvage islandais au bord de la route derrière un buisson, on repart vers 10h. Une interminable côte nous achève et on finit à pied mais après, on a une longue descente et grand soleil. A une pause, Thibaut se fait bêler par un mouton pas farouche. On arrive dans une grand plaine balayées par le vent Islandais. Les 20km de ligne droite, avec des rafales de face et de travers sont longs et éprouvants. Mais on veut dormir ce soir à Varmalhid pour pouvoir prendre un bus le lendemain. Le but est de gagner 2 jours de vélo, Gain de temps et d’énergie, perte d’argent, le compromis est là. On arrive à 18h30 à Varmalhid, 80km dans les pattes. On a bien pédalé, mais on en a encore un peu marre. Il y a un camping à l’entrée, tenu par une adorable petite vielle. Ce sera 500 ISK par personnes, bien moins qu’à Reykjavik. En plus, le terrain est plat, propre, désert pas loin de la gare routière avec vue sur les montagnes. C’est bien.
Varmalhid ->Hveravellir
Réveil à 7h sous une pluie fine, l’arrêt de bus est juste à coté du camping. Le bus arrive à peu près à l’heure pour 10min d’arrêt. Le chauffeur essaye de monter nos vélos sur le porte vélos arrière, plus de place. Il rampe sous le bus, sort un autre porte-vélos qu’il accroche à l’avant cette fois. Le conducteur est d’une conscienciosité sans faille (si, ce mot existe) et quelques dizaines de tendeurs plus tard, nous sommes prêts à repartir après 45min d’arrêt. En Islande, les horaires ne sont qu’indicatifs car avec les aléas de la météo ou de la route, on ne sais jamais trop ce qu’il peut se passer. Le bus quitte la route bitumée et s’engage sur la piste F35. Il franchit des gués, grimpe des côtes et franchi des dévers impressionnant pour un engin de cette taille. On arrive finalement au camping de Hveravellir balayé par les vents avec une température de quelques degrés au dessus de zéro.
Hveravellir
Il a fait froid cette nuit, peut-être -2°C, et du vent. Et un peu de pluie et du vent après. Et au matin du soleil mais pas longtemps. Un peu de bruine, du vent et du soleil avec de la pluie entre les deux. Et des fois tout en même temps. Un proverbe Islandais dit « Si tu n’aime pas le temps qu’il fait, attend 5 min ». En tout cas, il est vrai qu’en Islande il fait beau plusieurs fois par jour. On passe la journée à se balader en suivant quelques chemins tracés dans la toundra. Hveravellir est situé sur un « Hot spot » très bien aménagé. En s’éloignant, on trouve des chemins un peu plus sauvages. La nature est fragile ici, aussi doit-on rester sur le sentier. A l’entrée du camping, un panneau indique en plusieurs langues « La poubelle la plus proche est à 100km. Merci d’emporter vos déchets avec vous ».
Hveravellir -> Quelque part sur la piste
Aujourd’hui, c’est la reprise du vélo et le véritable début de la piste pour nous. La piste est en bon état, semblable à nos chemins blancs français, mais en moins blanc. Ce n’est pas tellement physique mais très cassant et éprouvant car il faut toujours être concentré. Avec près de 20 kg de matériel sur les vélos, il vaut mieux éviter les nids de poule. Après 4h de vélo pour à peine 25 km, transis de froid par le vent du nord, on s’arrête dans un refuge boire une café. La gardienne prend pitié de nous et nous offre une soupe bien chaude. On apprend au passage à dire merci en islandais: tak. Il y a des refuges tous les 30/40 km environ le long de la F35, mais rien ne garanti qu’ils soient ouverts. Au mieux, on peut s’y réchauffer, acheter quelques gâteaux et prendre un café. Au pire… ils possèdent en général un robinet extérieur pour ravitailler en eau, même si l’eau ne manque pas sur cette ile . On repart et on finit par trouver un coin magnifique pour s’installer, au bord d’une petite falaise, la rivière en contrebas, les glaciers en arrière plan. On en profite pour faire un peu de lessive/toilette dans de l’eau à 5°C.
Quelque part sur la piste -> Autre part mais sur du bitume
La nuit a été longue, difficile et froide. La température est descendue jusqu’à 1°C mais au petit matin il fait grand soleil. On ne savait pas qu’il pouvait faire aussi beau en Islande : pas un nuage à l’horizon. La vue est superbe. De ce fait, on profite en prenant notre temps pour ranger le campement et on fait du pain. Puis on repart. La journée se déroule sans accroc, des montées, des descente et du vent. Beaucoup de vent.
L’après-midi commence a être bien entamée et on ne voit pas une terre accueillante à l’horizon pour planter la tente. Tout n’est que caillou à perte de vue, la végétation est inexistante, le vent mordant, la piste défoncée. On décide d’avancer jusqu’à des terres plus accueillantes. Et soudain, à l’horizon, une ligne blanche et du bitume. La piste est finie ! Encore quelques kilomètres et à bout de force, on se trouve un coin un peu abrité du vent au milieu des moutons.





























