4L Trophy – partie 2

Merzouga -> Timerzite

La 4L quitte cette oasis délestée de plus de 50kg de matériel scolaire. Elle n’en est que plus agile, mais la piste devient aussi plus exigeante. Le sol se veut plus meuble, plus vicieux, nous obligeant parfois à sortir les pelles pour désensabler. Plusieurs fois, je pousse ce 4 cylindres au-delà du raisonnable. Toujours la même technique. Prendre de l’élan,  rétrograder juste avant le passage mou, jouer de l’embrayage lorsque le régime devient trop bas, donner des coups de volant pour chercher de la motricité mais surtout y croire. Y croire jusqu’au bout, malgré les protestations des suspensions, malgré les supplications du moteur, y croire jusqu’à retrouver une partie de piste dure et pouvoir laisser la belle se reposer de ses efforts. Nous arrivons finalement indemnes au bivouac mais passons quand même une bonne partie de la soirée à vérifier l’état de la voiture et à resserrer quelques boulons. D’autres plus malchanceux passeront la nuit au pôle technique. Un des équipages a fait quelques tonneaux, pas de blessé mais la voiture est dans un sale état. Ils réussiront malgré tout à repartir, les mécaniciens du désert étant capable de véritable miracle.

Timerzite -> Marrakech

Nous repartons pour la dernière étape, sur 2 jours, en autonomie cette fois. La piste alterne entre franchissement et partie roulante. Nous atteignons alors « L’enfer des cailloux », portion sinueuse d’une dizaine de kilomètres au milieu d’un immense pierrier. En première, au pas, le nez collé au pare-brise, je slalome entre les obstacles. Cette portion sera la plus stressante du voyage, chaque pierre, chaque erreur risque d’arracher le train avant. J’entends la roche racler le dessous de la voiture et heurte plusieurs fois un rocher plus gros que les autres. Finalement, la voiture s’arrête après quelques soubresauts. Crevaison et jante pliée. J’en profite pour vérifier l’état du châssis. La tôle de protection est complètement défoncée mais tient le coup. Après 2 bonnes heures, nous sortons enfin de ce passage délicat et croisons plusieurs naufragés en train de retaper comme il le peuvent leur véhicule ou ceux des autres équipages. L’entraide et la solidarité font partie intégrante du raid. La nuit tombe et nous dressons le camp au milieu d’un plateau désertique.

La nuit a été difficile. Le vent s’est levé, arrachant les sardines et malmenant la tente. Au petit matin, j’aperçois mon collègue trainant désespérément sa tente à l’abri pour la replier, les jambes et la tête sortant de l’ouverture tel un bernard l’hermite. Nous rejoignons finalement le bitume signifiant la fin de l’aventure, bien trop tôt à notre gout. Dernières réparations et vérifications avant de prendre la route. Le pot d’échappement n’a pas résisté, je bricole une réparation de fortune avec du fil de fer. La route est longue et sinueuse jusqu’à Marrakech. La voiture tremble, rebondi au moindre dos d’âne, fait de violente embardées dès qu’on relâche le volant. Puis l’arrivée à Marrakech où hasard du calendrier, le roi est en visite. L’armée est donc présente à tous les carrefours et à notre grande surprise bloque la circulation pour nous laisser passer. Etrange vision de 5 soldats embouteillant une artère principale de la ville pour laisser passer une vielle 4L toute poussiéreuse. Et finalement l’arrivée au palace Mogador de Marrakech.

Marrakech

Après le Maroc du nord, de Tanger, de Rabat, très semblable aux villes occidentale comme Marseille, puis le Maroc du désert, des plateaux de l’Atlas, celui des berbères et des villages, nous voici dans le Maroc de la vielle ville de Marrakech, avec ses souks et ses montreurs de serpent. Le piège à touristes fonctionne parfaitement, on se laisse emporter par cette ambiance, ces petites ruelles bruyantes où les marchans crient, appellent, rigolent. Nous achetons quelques souvenirs non sans longuement marchander comme le veut la coutume. Les babioles sont à tarif unique, « Le prix fixe ! ». La devise change en fonction du touriste, une théière à 10 euros peut très bien se voir afficher à 10 dollars, voir 10 livres quelques minutes plus tard.

Marrakech -> Bordeaux

Après 2 nuit à Marrakech, nous repartons pour Bordeaux. Nous passons par Casablanca et Rabat, mon collègue ayant de la famille là-bas. Nous visitons entre autre la Mosquée Hassan II et le Mausolée Mohammed V. Un des triangles de suspension nous lâche. Là où il faut 3 semaines de délai et 6h de main d’œuvre en France, un mécanicien nous ressoude ça en 20min. La réparation tient encore aujourd’hui. Nous arrivons finalement à Tanger où le ferry nous attend. Nous dormons à Algeciras dans un petit hôtel miteux, réveil à 6h le lendemain. Avec la fatigue, des tensions s’installent dans le groupe, il est temps de rentrer. Nous arrivons à Bordeaux à minuit passé après plus de 18h de route.

L’Islande en vélo – partie 1 =>

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